Expo à fleur de peau
blog après un an (mais qu’est-ce qu’un an dans une vie) pour parler de la
superbe exposition consacrée aux « Tatoueurs, tatoués » au Musée du
Quai Branly.
Entre tatouages tribaux et magiques, acceptation de la douleur et ingéniosité des prisonniers-tatoueurs obligés de fabriquer leur matériel clandestinement, le plus fascinant reste les systèmes de signes secrets créés par les adeptes de « la bousille ».
carte d’identité très précise de ceux qui les portent en dévoilant/trahissant leur histoire personnelle et/ou les lieux (souvent “de privation de liberté”) par lesquels ils sont passés.
documentaires, a créé une esthétique très particulière, au carrefour de
plusieurs influences : code des criminels lambda (un chat = voleur,
une tête de mort = assassin, etc.), symboles spécifiques à la mafia (les
boussoles sur les genoux et en haut des pectoraux qui indiquent le rang au sein
de l’organisation, voir Viggo Mortensen dans « Eastern Promises » de
Cronenberg) et références religieuses (les fameuses coupoles orthodoxes, le
plus souvent en nombre, chacune représentant un passage en prison).
Ce langage secret a notamment été décrypté et transcrit par Dantsig Baldaev, un ancien gardien de prison et ancien officier du ministère de l’Intérieur soviétique, et constitue une tentative de sociologie du monde carcéral soviétique.
trouve son origine dans le marquage au fer rouge des troupeaux de bovins.
Le tatouage répond-il à un besoin de se démarquer au sein d’un monde où les logos sont omniprésents en arborant son « logo » personnel ? Un corps non-tatoué ressemblerait-il à un corps « générique », au même titre – pour pousser la comparaison – qu’un produit générique ?
Quelle que
soit la réponse à cette question, le tatouage permet d’aborder une multitude de
questions, de la quête identitaire (qui suis-je ?, qu’est-ce qui compte
pour moi ?) au choix de son expression (comment dire ce que je veux
dire ? quel symbole ?), mais aussi de découvrir des « tattoo
artists » de grand talent.
Après tout, un tatouage n’est-il pas avant tout
une œuvre d’art à porter sur soi ? Ce n’est pas Kate Moss, avec son
tatouage signé Lucian Freud (et estimé par les journaux britanniques à 1
million de livres) qui me contredira…





